Il est évident que la Seconde Guerre mondiale fut un conflit mondial, plus encore que la Première, et pourtant nous avons toujours tendance à l’envisager d’un point de vue national, ce qui crée de fausses hypothèses et des paramètres faussés. Mais ces récits nationaux sont aussi très divers, répartis entre l’Europe, le Moyen-Orient, l’URSS et la région Asie-Pacifique, et représentant de grands et de petits pays, des vainqueurs et des vaincus, des peuples libres et des peuples occupés. Pour ne prendre qu’un minuscule détail : le VE Day, le 8 mai en Europe occidentale, est le jour de la Victoire, le 9 mai, en Russie. C’est que la capitulation officielle de l’Allemagne devant les Alliés à Berlin fut signée tard dans la soirée du 8 mai 1945, et ne fut donc officiellement enregistrée à Moscou (qui se trouvait dans un autre fuseau horaire) que le 9 mai. Dans la Russie de Poutine aujourd’hui, cette différence ne fait que souligner ce qui est considéré comme le caractère unique de la contribution soviétique à ce que les Russes appellent la Grande Guerre patriotique. Au fond, les différents pays belligérants de la Seconde Guerre mondiale ont donc mené des guerres différentes, et voient et commémorent par conséquent le conflit différemment. Lorsqu’on associe ce genre de détail à la dimension mondiale de la Seconde Guerre mondiale, on se trouve face à un phénomène vraiment très complexe. Dans la deuxième saison d’Unknown Warriors, lancée hier, d’éminents historiens examinent le conflit dans une perspective mondiale et, ce faisant, réintroduisent une partie de la nuance et de la complexité que nos récits établis de la Seconde Guerre mondiale ont, avec le temps, effacées ou amoindries.

Si vous pensez tout savoir de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, il est temps de revoir vos certitudes.

Michael Baker est un historien formé à Oxford, scénariste primé et créateur du podcast Unknown Warriors. À propos de Michael




